L’état du développement de la théorie sur les modes de représentation ne contient que peu de travaux sur la coupe architecturale, notamment au XXe siècle, époque à laquelle la notion d’espace devient un enjeu architectural propre à la modernité.
La cotutelle établie pour cette recherche entre Rémi Papillault de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Toulouse et Jean-Pierre Chupin de l’Université de Montréal m’a offert la chance d’explorer les théories impliquant la représentation dans la conception architecturale, tant d’un point de vue proprement spatial que d’un point de vue réflexif.
Architecte et enseignante en école d’architecture, la nécessité de réaliser ce travail est venue de l’intuition d’un décalage grandissant entre la représentation et les modalités de conceptions du projet contemporain. Peu à peu, la question de la coupe a cristallisé les observations à l’origine de l’intuition de ce décalage.
C’est la convergence de cette intuition de départ et de ce double apport qui m’a orientée vers la question de la coupe.
La représentation relève des choix avertis de l’architecte, de sa culture. Elle relie la conception et la doctrine.
Cette recherche est théorique et non historique
Si nous avons exploré de façon kaléidoscopique les ressorts disciplinaires de la coupe, bien au-delà de son usage récent ou de son rôle dans la modernité, c’est pour comprendre ce qui enracine sa nécessité. La première démarche de ce travail est donc une exploration large qui n’a aucune vocation historique mais qui a permis d’extraire des notions dont l’héritage constitue une empreinte de fond du portait de la coupe qui sera dessiné.
Nos hypothèses sont que :
Enfin, la coupe ne serait pas seulement une conséquence. Dès lors, notre question de recherche est :
Comment et dans quelle mesure la coupe architecturale a-t-elle une dimension génératrice de l’espace et intervient-elle dans les processus d’élaboration de maisons modernes postérieures à « la résolution du projet dans l’espace » ?
Cette étude théorique établit les conditions du recours à la coupe dans l’élaboration d’une spatialité qui fournit du sens au projet. Elle repose au préalable sur une investigation des façons de voir un édifice ouvert, de la ruine à l’écorché, permettant d’extraire quelques ressorts disciplinaires de la coupe. La recherche est guidée par l’analyse approfondie de la fabrication d’un corpus de coupes d’espaces domestiques emblématiques du XXe siècle. Elle éclaire ainsi, in fine, sur l’usage de la coupe et la connaissance de son statut, au seuil de l’hyper-développement de la modélisation.